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5 ans après la COP 21 : l’urgence climatique

8 décembre 2020

Avec la 21e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, c’est un vent d’espoir qui soufflait sur la planète. La quasi-totalité des pays du monde réunis à Paris pour cette COP 21 étaient parvenus à s’entendre sur « le premier accord universel sur le climat⁠1 ». Le 12 décembre 2015, 196 délégations⁠2 s’engageaient à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C à l’horizon 2100 (et même viser +1,5°C).

Retour sur la COP21

Cet instant historique, RISO a eu le privilège d’en faire, modestement, partie, puisque nous avions été choisis pour équiper le centre de reprographie de la COP21.
Nos solutions à la fois écoresponsables – impression à froid peu énergivore et n’émettant pas d’ozone –, fiables et hyper-performantes ont su convaincre les organisateurs de la conférence. Les plus de 3 millions de copies imprimées⁠3 lors de la COP 21, dont l’ensemble des accords, l’ont été sur nos huit ComColor X-Jet prêtées pour l’occasion.

 

 

La COP 21 était un pas en avant significatif, mais sera-t-il suffisant pour éviter une catastrophe climatique ? Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la réponse est non. Le GIEC considère qu’au rythme actuel, la Terre se sera réchauffée de 1,5 °C non pas en 2100 mais en 2040⁠4. Il estime également que l’objectif de limiter la hausse des températures à 2°C n’est pas assez ambitieux : viser 1,5 °C permettrait d’éviter des centaines de millions de migrants climatiques, la disparition d’écosystèmes, des phénomènes météorologiques terribles tels que sécheresses, canicules, typhons et inondations…

Selon les experts de l’ONU, ces deux degrés « devraient être vus comme une ligne de défense, une limite maximale à protéger à tout prix⁠5 ». Mais quel que soit l’objectif que l’on se fixe, une réduction drastique des émissions mondiales de gaz à effet de serre est nécessaire : moins 40 à 70 % d’ici 2050 si l’on vise 2°C, moins 80 à 90 % si c’est 1,5°C⁠6.

Encore loin du compte

En 2015, la COP 21 mettait au centre de l’échiquier politique une volonté mondiale de prendre la question du réchauffement climatique à bras le corps. Où en sommes-nous cinq ans plus tard, alors que 2020 vient d’entrer dans le top 3 des années les plus chaudes7 de l’histoire, aux côtés de 2016 et 2019 ?

Guère plus avancés. Et même en recul. Les projections du réchauffement climatique à venir se sont encore noircies : la fourchette allant aujourd’hui du +2,5 °C à +4°C, voire +7°C dans le scénario le plus pessimiste. 8

« Aucun pays au monde, riche au pauvre, n’échappe aux impacts des changements climatiques sur la santé. Sans mesures urgentes, la crise climatique va aggraver la situation, menaçant les vies et les moyens de subsistance [de millions de personnes] et submergeant les hôpitaux et cliniques »9, rapport 2020 du Lancet sur la santé et les changements climatiques

Mais de quel genre de mesures parle-t-on concrètement ? Les leviers d’action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sont nombreux. Il s’agit par exemple de passer à des énergies propres (éolien, géothermique, solaire…) moins polluantes que les énergies fossiles, d’encourager les moyens de transport alternatifs à la voiture individuelle (transports en commun, covoiturage, vélotaf…), de rénover les habitations pour maximiser leur efficacité énergétique (notamment en optimisant leur isolation), de freiner la déforestation, de promouvoir une agriculture plus écologique, de lutter contre l’obsolescence programmée des produits, de favoriser les circuits courts (production et achats locaux)…

Les leviers sont nombreux mais encore faut-il les actionner. Dans un rapport intitulé « The truth behind the climate pledges⁠10 » (La vérité sur les engagements climatiques), des experts du climat montrent que les engagements pris suite à la COP 21 par 184 pays ne suffiront pas à atteindre l’objectif de +2°C. Soit parce que les engagements sont trop modestes, soit parce que les pays ne les tiendront tout simplement pas⁠11. Rien ne les y contraint vraiment : l’Accord de Paris ne prévoit pas de sanction légale en cas de non-respect des engagements⁠12. Ainsi, la Chine (plus gros émetteur de CO2 au monde) et l’Inde (4e) vont rejeter plus de CO2 en 2030 qu’aujourd’hui. Les États-Unis (2e émetteurs) ont quant à eux pris des engagements trop peu ambitieux. Notez que si tous les engagements pris sont respectés – ce qui n’est d’ores et déjà pas le cas – le programme de l’environnement de l’ONU estime que nous allons vers un réchauffement de +3,2°C⁠13.

Selon Robert Watson, co-auteur du rapport, pour rester alignés sur un objectif de +2°C, il faut que les pays doublent voire triplent leur engagement14 de réduction d’émissions de CO2. Pour lui, « nous avons la technologie et la connaissance pour faire ces réductions, ce qui manque ce sont des politiques et une réglementation pour les mettre en œuvre ». Selon l’ONU, pour atteindre l’objectif de +1,5°C à la fin du siècle fixé la COP 21, « il faut réduire les émissions mondiales de 7,6 % par an au cours de la prochaine décennie⁠15 ».

Pour l’instant, seule l’Union Européenne (3e plus gros émetteur) paraît sur la bonne voie. Elle avait annoncé réduire de 40 % ses émissions de CO2 à l’horizon 2030 et semble bien partie pour atteindre et même dépasser cet objectif⁠16. La France, en revanche, paraît mal engagée. À tel point que le Conseil d’État a donné début novembre 2020 trois mois au Gouvernement pour justifier que le pays pourrait respecter la trajectoire fixée pour 2030. 17

Espérons que les préoccupations climatiques s’inscrivent très rapidement dans les priorités des gouvernants aux quatre coins du monde. L’urgence est réelle et la tâche est titanesque.

Voir toutes les notes
  1. Note 1https://www.gouvernement.fr/partage/6095-cop21-quelles-sont-les-etapes-de-la-mise-en-oeuvre-de-l-accord-de-paris
  2. Note 2https://www.gouvernement.fr/action/la-cop-21
  3. Note 3https://www.risofrance.fr/qui-est-riso/un-acteur-engage/
  4. Note 4https://www.bloomberg.com/opinion/articles/2018-10-08/ipcc-report-shows-paris-climate-accord-should-be-more-ambitious
  5. Note 5https://www.europe1.fr/societe/cop21-que-se-passera-t-il-si-le-rechauffement-climatique-depasse-2c-2628409
  6. Note 6https://www.lemonde.fr/planete/article/2015/06/05/rechauffement-le-seuil-limite-des-2-c-est-trop-eleve_4647811_3244.html
  7. Note 7https://www.geo.fr/environnement/2020-sur-le-podium-des-annees-les-plus-chaudes-alerte-lonu-203015
  8. Note 8https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/climatologie-nous-nous-dirigeons-vers-rechauffement-climatique-25-c-4-c-10644/
  9. Note 9https://www.lancetcountdown.org/2020-report/
  10. Note 10https://drive.google.com/file/d/1nFx8UKTyjEteYO87-x06mVEkTs6RSPBi/view
  11. Note 11https://www.nationalgeographic.com/science/2019/11/nations-miss-paris-targets-climate-driven-weather-events-cost-billions/
  12. Note 12https://www.lemonde.fr/cop21/article/2015/12/14/l-accord-de-paris-sur-le-climat-est-il-vraiment-juridiquement-contraignant_4831255_4527432.html
  13. Note 13https://www.unenvironment.org/fr/actualites-et-recits/communique-de-presse/il-faut-reduire-les-emissions-mondiales-de-76-par-au
  14. Note 14https://www.nationalgeographic.com/science/2019/11/nations-miss-paris-targets-climate-driven-weather-events-cost-billions/
  15. Note 15https://www.unenvironment.org/fr/actualites-et-recits/communique-de-presse/il-faut-reduire-les-emissions-mondiales-de-76-par-au
  16. Note 16https://www.nationalgeographic.com/science/2019/11/nations-miss-paris-targets-climate-driven-weather-events-cost-billions/
  17. Note 17https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-le-gouvernement-doit-justifier-sous-3-mois-que-la-trajectoire-de-reduction-a-horizon-2030-pourra-etre-respectee
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