photo d'Adel Allam
Interview

Partenaire particulier – Youssef Allam Group

pictogramme micro
3 minutes 5 janvier 2022

Partenaire historique de RISO depuis la fin des années 1980, Youssef Allam Group est un acteur majeur du secteur du papier et de l’impression en Égypte. Contacté par visioconférence, Adel Allam, PDG du Groupe, est revenu sur le lien fort et profond qui unit RISO et son entreprise.

Youssef Allam a soufflé il y a peu ses 70 bougies. Comment l’histoire du Groupe a-t-elle commencé ?

C’est mon défunt père qui a créé le Groupe en 1948. Quelques années plus tard, Youssef Allam était devenue la plus importante société de négoce de papier en Égypte et au Moyen-Orient. J’ai commencé très jeune, dès l’âge de 14 ans, à travailler aux côtés de mon père. J’ai d’abord fait des tâches administratives simples. À l’époque, nous importions de grandes quantités de papier d’Europe : d’Autriche, de Suède, de Norvège… Pendant les vacances d’été, mon père m’envoyait en Europe dans une de ces usines de fabrication de papier partenaires, pour que j’y apprenne les rudiments du métier. Mais il s’est vite rendu compte que j’avais plus une âme d’ingénieur que de vendeur de papier : c’est donc plutôt dans des usines d’impression typographique ou chez des fabricants de solutions d’impression que je passais désormais mes grandes vacances. Bientôt, mon père gérait le commerce de papier et moi la vente de machines. Nous avions beaucoup de succès.

Comment avez-vous commencé à travailler avec RISO ?

J’étais toujours à l’affût d’innovations. Et au milieu des années 80, je suis tombé sur un article de TIME magazine qui disait qu’un inventeur japonais avait développé une technologie qui révolutionnait le stencil d’alors. Fini le besoin de graver à la machine à écrire son stencil avant de l’introduire dans un duplicateur ; il suffisait de passer le document original dans le duplicopieur RISO pour créer un master. L’article indiquait que cela ouvrait la voie à l’impression assistée par ordinateur. Je trouvais ça complètement fou, je n’arrivais pas y croire. Je me suis promis qu’à mon prochain voyage au Japon, où j’allais souvent pour affaires, je chercherai à entrer en contact avec RISO.

Et c’est ce que vous avez fait ?

Oui, mais ça n’a pas été facile ! Il n’y avait pas d’adresse dans l’article et j’ai eu beaucoup de mal à trouver les bureaux de RISO à Tokyo. Ils étaient très discrets, au 2e ou 3e étage d’un immeuble sans prétention. Je me suis présenté, j’ai expliqué ce que je venais faire là, mais il y avait la barrière de la langue et ils étaient très surpris qu’un Égyptien s’intéresse à leur technologie. Finalement, j’ai pu repartir avec un duplicopieur. À l’utilisation, j’ai très rapidement vu le potentiel de la machine et j’en ai commandé quatre autres !

Le succès a-t-il tout de suite été au rendez-vous ?

Non, il a fallu travailler le positionnement. Quand j’allais voir des imprimeurs, ils me demandaient si c’était une imprimante offset, je répondais non. Un copieur alors ? Non plus. Je leur disais que c’était le chaînon manquant entre ces deux extrêmes, qu’un duplicopieur était la solution économique pour imprimer une ou plusieurs centaines de copies, et non quelques copies éparses (comme un copieur) ou plusieurs milliers (comme une offset). Mais ça ne prenait pas. À l’époque, RISO était très peu présent à l’international, ils ne vendaient, je crois, qu’au Japon, en Australie et à Taïwan. Ils n’avaient pas encore développé de véritable argumentaire commercial que je pouvais utiliser. À mon voyage suivant au Japon, je suis retourné au siège de RISO, où j’ai rencontré le grand patron. Il m’a dit : « n’essayez pas de vendre nos solutions aux imprimeurs, visez le secteur de l’éducation ». J’ai suivi son conseil, j’ai fait le tour des écoles et universités en Égypte : ils ont essayé les duplicopieurs, ont été séduits, et bien vite il a fallu que j’en importe plus !

L’Égypte a connu des temps difficiles récemment, comment est-ce que cela a affecté Youssef Allam ?

Effectivement, il y a eu une révolution en Égypte il y a dix ans, qui a mis un coup d’arrêt – ou presque – à l’économie. Ce fut une période très difficile, dangereuse, il y avait beaucoup de criminalité. Quelqu’un a tiré sur ma voiture pour me la voler, heureusement je n’ai pas été blessé. Ce genre d’histoire n’est pas exceptionnel, c’est arrivé à beaucoup de monde. Mais aujourd’hui, le pays est sûr et stable politiquement. Nous pouvons de nouveau voyager librement dans le pays et les infrastructures, longtemps délaissées et en mauvais état, sont en train d’être réparées. Au niveau économique, le cours de la livre égyptienne reste bas : importer revient donc extrêmement cher. En conséquence, le prix des imprimantes a doublé, mais les clients se sont désormais habitués à ces nouveaux prix. L’Égypte est sur la bonne voie, même si son économie a été très impactée par les retombées de la crise du Covid-19.

Quelle est la nature de votre partenariat avec RISO aujourd’hui ?

Youssef Allam a été un des premiers partenaires de RISO à l’international, une entreprise en laquelle nous avons toujours cru et que nous avons eu le plaisir de voir grandir très rapidement. Nous avons été parmi les premiers à adopter la technologie RISO en dehors du Japon, à être des ambassadeurs de cette entreprise unique dont nous avons toujours aimé les produits. C’est peut-être pourquoi nos relations ont toujours été très chaleureuses, amicales voire familiales. Aujourd’hui, RISO et ses excellents produits sont partout dans le monde. Nous sommes fiers de faire partie de la famille RISO et de continuer à participer à leur success story.

Dans votre histoire commune avec RISO, que considérez-vous comme votre plus grand succès ?

Lorsque nous avons commencé à proposer nos services pour l’impression de relevés – aux banques, aux opérateurs téléphoniques, aux fournisseurs d’électricité… – tout le marché était contrôlé par la concurrence. Beaucoup pensaient que les solutions RISO étaient uniquement dédiées au secteur de l’éducation. Pénétrer le marché a été difficile, il nous a fallu expliquer, démontrer, convaincre. Nous avons eu du mal à décrocher le premier client, mais une fois que ça a été fait, d’autres ont suivi, progressivement.  Et puis un jour, nous avons signé avec le plus grand opérateur téléphonique du pays. C’était une belle réussite !

Pouvez-vous nous dire un mot sur votre Académie ?

À la fin des années 80, de nombreuses multinationales, telles que Procter & Gamble, se sont installées en Égypte. Elles avaient de très grands besoins en impression couleur pour leurs emballages, mais n’arrivaient pas à obtenir une qualité suffisante en Égypte. Elles importaient donc leurs impressions. Il faut dire que l’impression couleur est un procédé très sophistiqué, à la fois chimique et physique, et qu’il est beaucoup plus difficile que l’on croit d’obtenir un rendu de qualité.

À la même période, les ordinateurs et logiciels commençaient à être de plus en plus utilisés dans le monde de l’impression, et se substituaient progressivement au jugement à l’œil nu des experts. Il ne suffisait plus de regarder et de dire par exemple « moins de rouge, plus de bleu », il fallait apprendre à maîtriser de nouveaux outils. Pour former les imprimeurs égyptiens et faire en sorte qu’ils montent en compétence sur ces nouveaux outils, je suis allé voir Heidelberg, le leader mondial des presses offset et développeur du logiciel référence, et nous avons créé ensemble une Académie en Égypte. Les résultats ont été incroyables : un an après l’ouverture, la qualité d’impression était montée en flèche. À tel point que le multinationales imprimaient de nouveau en Égypte, et même exportaient dans des pays voisins des emballages imprimés ici !

L’Académie est-elle toujours active aujourd’hui ?

Oui, nous accueillons même des étudiants d’autres pays, de Libye, d’Arabie Saoudite, de Dubaï…  L’Académie dynamise le secteur dans toute la région. En boostant la qualité de nos impressions, elle soutient également, de manière indirecte, nos ventes. Enfin, nous avons installé au sein de l’Académie un très joli showroom RISO, pour que chacun puisse voir et tester les solutions d’impression.

showroom RISO

Comment voyez-vous le futur aux côtés de RISO ?

Je nous vois continuer à avancer ensemble, aller encore plus loin, et engranger de nouveaux succès !

Send this to a friend