Daniel Botella
Interview

Sensibiliser sur l’importance de la qualité de l’air intérieur

Qui est RISO ?

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12 octobre 2021

Ce 14 octobre, à l’occasion de la Journée nationale de la qualité de l’air, le cabinet de conseil Transitia organise une matinée consacrée à la sensibilisation sur la qualité de l’air intérieur1 (QAI). Un enjeu essentiel, selon Daniel Botella, directeur de Transitia.

Pouvez-vous présenter brièvement Transitia ?

Nous sommes un cabinet de conseil en développement durable, spécialisé dans la qualité de l’air à l’intérieur des établissements recevant du public (ERP). Nous accompagnons les collectivités territoriales dans la mise en conformité de leurs ERP – notamment ceux accueillant des enfants et adolescents (crèches, écoles, collèges et lycées) – avec le décret de 2015 relatif à la surveillance de la QAI.

La problématique de la qualité de l’air intérieur devient-elle de plus en plus prégnante ?

Depuis une quarantaine d’années la qualité de l’air extérieur se dégrade, les pics de pollution se multiplient et on voit bien l’impact de cette pollution sur la santé. Or il se trouve que souvent, l’air intérieur est 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur : il était donc nécessaire de porter une attention particulière à la QAI et c’est tout l’objet de la réglementation de 2015.

Cela semble incroyable que l’air intérieur puisse parfois être tellement plus pollué que l’air extérieur. Estimez-vous que l’on ne communique pas assez sur la question ?

Oui, chez Transitia nous sommes convaincus qu’il est particulièrement important de sensibiliser à la QAI, d’expliquer que l’air extérieur, déjà pollué dans une certaine mesure, va venir se confiner à l’intérieur et que la qualité de l’air va encore se dégrader. Au travers de questionnaires sur leurs habitudes en matière d’aération, d’entretien, de maintenance, etc. nous invitons les gestionnaires d’établissement à identifier leurs mauvaises pratiques,  puis nous les accompagnons dans le déploiement d’un plan d’action pour améliorer la QAI.

Sensibiliser sur la QAI, c’est d’ailleurs l’objectif de votre matinée du 14 octobre…

Exactement. L’idée est d’expliquer l’origine des risques de détérioration de la qualité de l’air à l’intérieur d’un établissement et de mettre en perspective quelques bonnes pratiques. Sans rentrer trop dans le détail ici, les risques sont de trois ordres : externes (par exemple la présence d’une route très fréquentée à proximité), bâtimentaires (matériaux de construction, meubles…) et ceux qui sont liés aux activités humaines (produits de nettoyage, habitudes d’aération…).

Pourquoi proposer un atelier spécifiquement sur l’impression ?

Parce que nous avons constaté qu’il y a beaucoup d’imprimantes dans les établissements mais que leur impact sur la qualité de l’air est mal connu. L’impression laser en particulier, qui chauffe, qui expulse de la poudre de toner, émet beaucoup de particules fines. Celles-ci sont invisibles mais elles circulent dans l’air. Nous recommandons d’être vigilant : veillez à placer ces imprimantes dans des locaux dédiés bien ventilés (et non dans la salle des professeurs ou dans les salles de classe).

« Si ce n’est pas possible, passer à des technologies beaucoup plus respectueuses de l’environnement, telles que les solutions d’impression à froid de RISO. »

Est-ce que la question de la QAI gagne en importance dans le sillage de la crise sanitaire ?

Absolument. On sait que le virus circule dans l’air et qu’il y a des liens directs entre la pandémie et la qualité de l’air intérieur. Il y a eu une accélération de la prise de conscience comme le montre la mise en place par l’Éducation Nationale d’un protocole sanitaire concernant entre autres l’aération des espaces, la vigilance nécessaire dans les réfectoires et bien plus.

Avez-vous quelques conseils simples à mettre en pratique pour améliorer la qualité de l’air chez soi ?

D’abord, prêtez attention aux produits d’entretien que vous utilisez. Essayez d’en utiliser moins, ne les mélangez pas (il y a un risque de mauvaise réaction chimique), privilégiez des produits éco-labellisés. Vous pouvez même réaliser vos propres produits à partir d’ingrédients très simples tels que le savon noir, le bicarbonate de soude, le vinaigre blanc… Les recettes se trouvent facilement sur Internet. Ensuite, l’aération. N’hésitez pas à aérer souvent et longuement, pas uniquement matin et soir. Aérez par exemple pendant que vous faites le ménage. Contrairement à ce que l’on croit souvent, cette bonne odeur de lavande des produits ménagers n’est pas une odeur de propre : le propre n’a pas d’odeur ! Et pensez à aérer même les jours de pics de pollution car, je le répète, l’air intérieur est plus pollué que l’air extérieur. Si vous décidez de vous calfeutrer et de rester confiné toute la journée, c’est en quelque sorte une double peine.

D’autres recommandations ?

Je vous encourage à être attentifs au choix de vos peintures et de vos meubles. Les composés organiques volatils des peintures, mais aussi des vernis et colles utilisés dans le mobilier, sont néfastes. Privilégiez donc les peintures labellisées A+ et les meubles certifiés NF Environnement. Enfin, il est bon de laisser la porte de sa chambre à coucher ouverte quand on dort, pour bénéficier du volume cubique d’air de son logement entier.

 

Des événements dans toute la France

À l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, de nombreux événements sont organisés aux quatre coins de France.

Tenté par une exposition pour explorer toutes les facettes de l’air ? Rendez-vous aux Mureaux pour « AIR, l’expo qui inspire2 », une exposition participative et ludique qui traite de l’interaction homme/air aussi bien sur la planète, qu’en ville et même à l’intérieur du corps humain.

Ou peut-être avez-vous envie de visiter un observatoire de la qualité de l’air ? C’est possible en Nouvelle-Aquitaine, où l’observatoire régional Atmo3 ouvre ses portes à plusieurs classes de collèges et lycées.

Et si vous vous dites que vous aimeriez vous informer – et avoir la possibilité de discuter avec des experts – sans quitter le confort de votre foyer, toute une offre de webinaires et d’ateliers en ligne est à votre disposition. Les sujets sont variés : qu’il s’agisse des leviers d’action4 à disposition des collectivités pour lutter contre les pollutions dans les environnements intérieurs scolaires, de la qualité de l’air dans les établissements petite enfance5, de la sensibilisation6 à la qualité de l’air pour les salariés des entreprises et les fonctionnaires…

Retrouvez tous les détails sur les événements ci-dessus (adresse, modalités d’inscription…), ainsi que la liste complète des événements prévus le 14 octobre, sur le site du ministère de la transition écologique7.

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